HERETICS (Chaton/ Moor) / AC Hello’s Animal Fievre / Centre Pompidou, Metz / 14 octobre – 20h00

duo┬®Loucuradavida

Jeudi 14 octobre  – 20h00  – tarif 10/5 euros (billetterie du Centre Pompidou-Metz)
Centre Pompidou-Metz – Parvis des droits de l’homme – Metz
en partenariat avec Poema et le Cent
re Pomipidou-Metz

HERETICS
Anne-James Chaton voix, textes, électroniques
Andy Moor guitare [Angleterre]

ANIMAL FIEVRE
AC Hello  voix, textes
Laurent Saïet guitare
Jean-Noël Cognard batterie
Thierry Muller guitare
Quentin Rollet saxophone

Anne-James Chaton et Andy Moor nouent une relation inédite entre poésie et guitare dans des projets à forte dimension exploratoire. Le duo articule son travail autour d’axes thématiques originaux, et a produit plusieurs projets à ce jour dans lesquels ils posent textes et musique dans une perspective narrative étirée aux limites de l’abstraction. Avec le projet Heretics, ils ravivent les passions humaines les plus obscures, violentes, marginales, érotiques, en convoquant les grandes figures de leurs mythologies personnelles. En compagnie du Caravage, du Marquis de Sade, de William Burroughs mais aussi de Jose Mujica, le duo plonge l’auditeur dans une autre histoire du monde dont tous ces ‘hérétiques’ sont le coeur. Usant de procédés d’écriture contemporains, Anne-James Chaton et Andy Moor donnent jour à une forme qui, en actualisant des textes oubliés, rend hommage à la différence comme puissance d’évocation d’une humanité riche de ses excès.

Ce qui se joue dans les lectures performées d’A.C. Hello, c’est une lutte entre ce qui relève de la littérature (le texte écrit, c’est-à-dire travaillé pour fournir au lecteur un objet textuel « définitif ») et ce qui pourrait se nommer une parole suffoquée (une parole qui s’arrêterait au bord du cerveau et des lèvres, comme étouffée, comme happée par ses propres trous). Ce qui se donne à entendre et à voir ici, c’est cette lutte, sans victoire ni échec à la clé, d’aucun bord. Une lutte qui est le fait même de vivre, et dont le corps est l’espace – un espace occupé aux frontières poreuses d’où s’échappent, en débordements successifs, mots et souffles. Le corps, submergé, comme en transe, n’est plus là que pour incarner cette poétique de l’être au monde.
Dans cette collaboration avec des musiciens, la musique n’intervient ni comme accompagnement esthétique ni comme illustration. Elle n’est ni support ni habillage. Ici, elle se crée en extension autonomisée de la transe de l’auteure ; la musique, par sa puissance, par sa relation physique à la parole n’est pas en lutte ni en discussion avec la poésie, mais en écho de lutte, en répercussion de résistance, en amplification de la densité poétique..