22 novembre – ARRINGTON DE DIONYSO – La face cachée – 18h00

Vendredi 22 novembre – 18h00 – entrée libre
la face cachée – 6 rue du lancieu – metz

ARRINGTON DE DIONYSO
Clarinette basse, chant diphonique, Bromiophone

Figure intransigeante de la musique contemporaine, Arrington de Dionyso (né à Chicago en 1975) mêle d’anciennes techniques de création sonore à des recherches transmodernes sur la nature de la conscience. Ses improvisations propulsives se basent sur le chant kargyraa associé à des instruments à anche (principalement la clarinette basse, le saxophone, et l’instrument de son invention, le bromiophone) comme outils multiphoniques dans l’exploration des espaces liminaux entre rituels chamaniques et extase rock and roll.

Profondément ancrée dans la tendance punk qui consiste à déconstruire les standards musicaux en quête de libération, la musique d’Arrington marie l’iconoclasme de la no-wave à la recherche spirituelle du free jazz de l’époque d’Albert Ayler avec des approches plus indigènes de l’improvisation, visant à révéler des universalités primordialement puissantes. Ses compositions envisagent les sons comme des couleurs, mettant l’accent sur des spectres complémentaires – des harmoniques circulaires murmurées au travers de flûtes en bambou aux hurlements profonds et gutturaux pénétrants du chant de gorge amplifié – tous sortis des poumons d’un athlète.

Ces 25 dernières années, il a fondé des groupes de rock expérimental iconiques tes que Old Time Relijun, Malaikat dan Singa ou This Saxophone Kills Fascists. Il s’est également produit aux côtés de plusieurs grandes figures de la musique contemporaine, collaborant notamment avec des membres de Deerhoof, The Master Musicians of Jajouka, Senyawa, Fugazi et The Violent Femmes.

Tel un « ethnomusicologue punk », Arrington contourne les approches académiques pour établir des relations directes entre les cultures musicales qu’il souhaite explorer, non pas comme un « anthropologue » étudiant un « autre exotique », mais comme un participant invité et un collaborateur actif. Ses recherches sur la musique de transe Jathilan à Java et ses collaborations avec des groupes comme Senyawa, Karinding Attack et HMM l’ont mené sur le devant de la scène musicale expérimentale indonésienne, et il s’est récemment rendu au Maroc (Master Musicians of Jajouka) et au Pérou (auprès du facteur d’instruments Dmitri Manga) pour établir des liens similaires entre l’art indigène et l’avant-garde. Le mois d’août prochain marquera son premier voyage en République de Touva, où il se réjouit de collaborer avec des chanteurs de gorge et des chamans. Il y animera des ateliers d’improvisation libre et d’expérimentation sur les formes anciennes.

Qu’il soit leader d’un groupe, soliste ou collaborateur, la musique d’Arrington évoque un « futur ancien », parfois choquant et hallucinatoire, visant toujours à canaliser l’esprit.